
Je regardais la photo de JD, et je commençais, de manière en quelque sorte préprogrammé, à tenter d'analyser pour comprendre, je me disais ces lignes de fuite, cet homme droit, ces lignes géométriques, sa solitude mais plus encore son unicité, son monde, sa particularité, c'est cet homme là qui joue du violon devant cette rue dont il bouche le passage, il fait signe, nous donnons sens.
Alors je me suis mise à rire de ce tic ridicule, pur branlage intellectuel, à vouloir donner sens à ce qui est beau, j'ai pensé à ce qu'on répété constamment pendant les analyses d'images "l'auteur a-t-il réellement voulu dire tout ça?".
Et j'en suis arrivée à la conclusion que nous donnons probablement sens à ce qui est beau parce que c'est ce qui l'explique, peut-être le beau n'est-il beau que parce qu'il dit, il n'y a pas de juste esthétique, l'art est dialectique ascendante à l'état pur, il n'y a beau que s'il y a résonnance intérieur de quelque chose de vrai, un absolu qui devient palpable,ce sursaut intérieur de l'inateignable devant nous et c'est ce que voit l'artiste lorsqu'il capture ce moment que nous qualifions de beau mais qui est vérité, c'est ce que voulait dire Bonnefoy.