jeudi 28 mai 2009

- Ces gens-là- Jacques Brel

Il y a ces gens, de ceux que l'on croise dans la rue, qu'on pense oublier comme on cligne de l'oeil. Mais que fait-on de ceux qui ne partent pas? Ceux qui restent accroché comme une larme refusant de couler?
Que fait-on lorsque la tristesse d'un homme trop soûl fait écho à la vôtre, lorsque vous vous voyez comme il est?
Comment oublie-t-on ces nous qui ont vieilli, ceux qui disent dans un regard embué tout votre monde?
Lorsqu'on ne communique plus avec soi-même et qu'on ne fait plus que constater ce 'moi' devant soi?
Lorsqu'on s'entend dire encore et encore "You're french, right?" et qu'on ne cesse de se voir tomber, lorsque qu'on sait que nous ne sommes pas vraiment lui mais qu'il est un peu nous, suffisamment nous.
Que fait-on de tous ces nous qu'on laisse sur un banc noir en pleine nuit?

vendredi 22 mai 2009

[Champagne Supernova] Oasis

J'ai fêté mon anniversaire le 15 et 16 mai cette année.
Je ne me souviens pas d'un seul de mes anniversaires sans qu'il fasse beau et j'ai eu 21 ans et il faisait toujours beau, l'un des premiers jours de beau temps après des jours de pluies et d'exams.
-Bah dis donc tu viens plus aux soirées- j'adore le dire, ça me ramène à cette nuit mouvementée, colorée, nuit pleine des gens que j'aime et qui rient.
On a dormi à 5 dans mon lit, un matin à la skins, peau collante, mal de tête, sol encombré, plus d'électricité.
Benjamin Clyde. On dormait sur le miroir d'eau tentant tant bien que mal de récupérer de la veille avec une sieste et une königsbier, les premiers rayons du soleil, le tandem et les autres. Ben arrive avec un sceau à champagne et des flûtes en plastique. On saute, on crie, on danse, allégresse. Ils entonnent pour la énième fois de la journée "joyeux anniversaire..." des gens autour chantent avec eux, le bouchon pète, le champagne coule, on se fait prendre en photos par des inconnus, alors on est heureux, ensemble.
Du coup au final on boit de la königsbier dans des flûtes à champagne en plastique, j'ai 21 ans un 16 mai alors il y a surement encore de belles années.

dimanche 10 mai 2009

[Tiny dancer] Elton John

Pourquoi l'amour se résume trop souvent à la nécessité d'être constaté par l'autre? Je ne suis que parce qu'il me voit?
"J'ai envie de lui hurler "constate moi!" dans les oreilles " M.

mercredi 6 mai 2009

[Morning yearning] Ben Harper

Je ne dors plus la nuit.
Je m'imagine déjà vieille, déjà déçue, déjà triste d'avoir trop vécue, rien ne reste, plus je suis heureuse, plus je suis triste qu'il faille mourir. Je veux du temps, j'en veux plus, parce que je vis avec les jours qui se présentent, ils ne seront jamais assez. Il n'y aura jamais suffisamment de jours de bonheur.
Don Diego 2000, elle est réapparue dans ma vie, la chanson, la fille.
"L'homme qui était doué d'une dyslexie magique, qui faisait de lui un cowboy poétique, même s'il ne le savait pas, il était comme ça".
J'ai été heureuse, parce que ça voulait dire qu'elle était encore douée d'une volonté propre, qu'elle existait hors de moi, hors de mon souvenir, qu'elle pourrait survivre à mes trous de mémoires.
Je suis triste parce que ce n'était pas tout à fait vrai. C'était moi qui l'avait fait revenir, j'étais la seule à entendre sa voix se superposer à celle de Dionysos, et si le hasard de Deezer l'y a ramené j'ai fait le travail de composition. Elle est morte. Et une fois que tous ceux qui l'ont aimé ne seront plus là pour fêter son anniversaire, une fois que le 19 avril sera un jour comme les autres alors elle n'aura jamais existé. Il y a une différence vértigineuse entre être morte et ne pas être, dans la mort il y à la constatation d'un manque, la preuve qu'il y a eu. Dire elle est morte c'est d'abord signaler qu'elle a vécue.
Et il n'y aura plus de dimanche ensoleillé dans la cour de Montaigne, à lire chacune le journal de l'autre si je ne suis plus là pour m'en rappeler, repassant devant.
Et un jour il n'y aura plus de Montaigne, il n'y aura plus de trace de cette histoire qui est déjà fragmentée dans mes souvenirs. Il n'y aura plus ma mémoire pour donner leur sens à ces espaces, et on aura beau apprendre dans les livres d'histoire leur portée générale, il ne restera rien de ce qui a fini par devenir ma peine. Et tout ce dont je souffre, pourquoi je ris, n'aura rien valu, n'aura rien signifié alors même qu'au delà de ça, rien ne m'appartiens.
Alors tout va disparaître.
J'écris un journal, j'écris un blog, pour me souvenir de ces filles qui ne sont déjà plus moi, mais aussi pour qu'on se souvienne, mais personne ne se souviendra, une fois tous ceux m'ayant connue morts, plus jamais quelqu'un ne saura mon rire, ni même qu'il a existé.
C'est un jeu de dominos sans échec, toutes les pièces tombées, reste des pierres tombales qui ne renvoient à rien.

lundi 4 mai 2009

Régime de responsabilité appliqué par dieu

Régime pénale de responsabilité pour faute intentionnelle avec prise en compte de l'intention de nuire, comission et abstention, cause d'éxonération : son intervention.
Sanction : du purgatoire au supplice éternel.