De plus en plus souvent revient la question du pourquoi d'un blog?
Quelle fonction remplie mon blog que mes carnets ne remplissent pas?
Mon besoin d'exhibition
explique-t-il tout?
Est-ce que j'ai vraiment autant besoin que des gens viennent voir l'état pitoyable de ma vie de manière régulière?
Quelle est la problématique que j'essaie de résoudre à travers l'ensemble des articles que j'écris?
Quelle est cette chose que j'essaie de dire sans y parvenir?
J'ai parfois le sentiment qu'en exprimant au sens fort, c'est à dire en poussant hors de moi, des réflexions, des questionnements, des avis, ils ne sont plus juste mes problèmes mais qu'ils acquièrent une portée générale, comme si marqué sur ce blog ils ne concernaient plus juste mon esprit tordu mais tout ceux qui daigne s'intéresser à moi et lire la succession de mots que j'écris sans
forcement savoir où ils mènent.
Je me cache trop souvent devant les problèmes, les obstacles, je fais semblant de ne pas voir qu'ils existent, mais ici ce que j'ai pu penser de
manière ridicule à une certaine période de ma vie ne va pas disparaître, ça ne changera pas.
" for many days I lost myself, I lost myself" Radiohead.
C'est trop souvent ce que je ressens et je sais ce sentiment inhérent à cette période de la vie propre aux jeunesses occidentales où le questionnement du qui est omniprésent. C'est ce à quoi sers ce blog pour moi, non pas me retrouver, raccourci trop facile.
C'est plus comme rendre visible un instant de moi hors de mon corps, comme un
polaroïd de toutes ces choses que je n'expose pas. rendre visite à une personne que je connais bien sans pouvoir la cerner.
Comme l'arbre cache la forêt j'ai l'impression parfois que tous ces cris, ces mouvements, cette
exubérance cache non pas la vraie
Laurence, mais le
reste de Laurence.C'est comme si je ne cessais d'écrire, mois après mois, " hey les gars je ne suis pas seulement ça, ça, mon existence physique, ça, la façon dont je l'assume ou pas, ça, ma médiocrité, ça, la fille qui distrait, ça, je ne suis pas juste ça, essayer de me parler d'autres choses, et il se peut que je réponde". Mon blog ne reflète pas une autre
Laurence mais cette même hystérique en train d'écrire, moyenne et médiocre, il
est le blog d'une fille de 20 ans sans propos.
Mon blog ne va pas expliquer pourquoi hier je ne répondais pas au téléphone, il ne racontera pas mes matins de tendresses, mon blog ne dira pas le fait que
JD me manque, je pourrais l'écrire vous ne pourriez pas le vivre.
Je ne sais plus bien si ce blog est un lien ou une
barrière entre les gens qui le lisent et moi, mais seulement, lorsque je ne sais plus bien quelle est ma maison, quand je ne me sens pas chez moi même dans ma chambre, même dans mon corps, je sais quelles adresses taper, et elles se finissent toutes par blogspot.com.