
Il y a deux personnes magiques dans ma vie. Il y en a d'autres mais il y a ces deux là.
Marie-Charlotte et Jules.
Je me suis réveillée tôt ce matin, et j'ai pensé à eux.
On est facilement ami avec les gens lorsqu'ils sont joyeux, on les aime pour toujours, on les aime.
Ils ont été mes amis lorsqu'il n'y avait aucune fierté à l'être.
Ils étaient à côté quoiqu'il arrive, ils ont été là alors que tout le monde autour disparaissaient.
Et je comprends ceux qui ce sont détournés, parce que la vie est assez lourde sans avoir à porter le poids des autres, je ne le comprenais pas alors.
Mais eux étaient là sans condition. Lorsque je vomissais et vomissais et vomissais, tout le temps, partout, alors que je ne pouvais rien faire de plus que de rester dans mon lit, quand je ne mangeais plus au final, lorsque je ne supportais plus rien. Alors que je dormais 15 heures par jour sans pouvoir être reposée, alors que j'étais à bout, quand je ne pouvais plus rien faire par moi-même.
Ils étaient à mes rendez-vous d'hôpitaux, quand je disais à tout le monde que ça allait, ils étaient dans ma chambre aux volets fermés quand tu te sens tellement incapable que ça t'humilie, que tu écoutes les bruits de l'appartement pour parler à quelqu'un, ils venaient me faire rire quand je ne pouvais plus me déplacer et que je vomissais dans un tupperware dans ma chambre. Il n'y avait que chez eux que je me sentais à l'aise, que je ne me sentais pas jugé. C'était leurs noms que je voyais s'afficher sur mon télephone, c'était eux qui sonnaient à la porte et qui passaient à l'improviste m'obligeant à me lever sans le savoir, pour faire les choses.
C'est eux qui étaient mes sorties quand je ne pouvais plus faire la fête, avec eux que je dormais alors que je me sentais trop seule.
Ils m'ont porté pendant ces trois mois où j'étais en chute libre et où je creusais un fossé avec le reste du monde, je ne sais même pas s'ils s'en rendent compte, s'ils savent qu'ils m'ont tenu à bout de bras, sans que je n'ai jamais eu le sentiment qu'ils lachent prise, qu'ils n'ont jamais cessé d'être là jour après jour.
Ils m'ont vu avec ce corps affaibli, corps honteux et courbé, corps allongé constamment, corps sans force, corps qui n'est plus mon corps, corps qui n'est plus un corps, dans lequel je ne m'incarne plus, corps qui ne peut plus être beau, corps qui est trop maigre, corps que je ne reconnais plus et sur lequel je n'ai plus aucun pouvoir, mon corps instable et fuyant.
Ils n'ont pas changé leur regard sur moi, ils ne m'ont pas pris en pitié, ils ont juste continué d'être mes amis, sans variation sur le thème de notre chanson, ils ont pris ma peine en plus de la leur, du début à la fin, du premier jour au Tchaï.
Ils n'ont pas été les seuls mais ils ont été les plus de fois, les plus de nuits, les plus de soirées, les plus de coups de téléphone, les plus de soupes, le plus de fous-rires à la fin, les plus de 'je suis là'.
Et aujourd'hui en me réveillant, tôt sans être fatiguée, regardant par ma fenêtre le jour venir, seule dans mon lit et avec le sourire, j'ai pensé à eux. J'ai pensé à cette jolie jeune femme blonde aux cheveux courts avec sa petite taille et son sourire magique, et j'ai pensé à ce grand homme aux yeux bleus cachés par des lunettes dont j'aime éperdument entendre le rire, je me suis dit qu'il avait 22 ans, et j'ai été heureuse qu'ils soient mes amis et j'espère savoir les aimer comme ils sont.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire