mardi 30 mars 2010

[That smile] Hocus Pocus

C'est bizarre, je me dis, alors que je ne le connais presque pas, que pour la première fois j'ai envie d'être avec lui et non pas qu'il ai envie d'être avec moi.

lundi 29 mars 2010

- Surprise hotel- Fools gold

Fools gold. Je les ai vu en concert à New-York en octobre, une petite salle à Brooklyn, une centaine de personnes, de la bière et de la patate. L'hôtel des surprises, c'était mon week-end, Alors oui il y a des gens magiques, il y a des lendemains où il fait beau, des matinées aux yeux qui piquent la fatigue et l'haleine parfumée de vodka, qu'est-ce qu'on y rigole, aaaaaah j'ai aimé rire ce week-end pour de vrai, des fous rires, des rires de folie, la vie version poska. Le tout c'est d'outliner. Et c'est fini les enculeurs de mouches, j'aime les gens qui aiment la vie, parce que la vie c'est fou et c'est beau et qu'il s'y passe des trucs, il faut oser, en culotte et soutien-gorge, pendant six heures, 4 hommes autour, les feutres à la main, une Parthena toute Calinoute. Il faut avoir des rêves, il faut vouloir les réaliser, il faut y aller, foncer, ne pas abandonner, il y a des banalités qui sont vraies, c'est d'ailleurs pour ça qu'elles sont banales, les gens qui ont des passions sont des magiciens et ce weekend les amis, c'était un week-end papier glacé.

samedi 27 mars 2010

[Sentimentale] Hercule

Je n’aime pas le mot Amour. Je le trouve trop flasque, trop pendant, sans dureté ni force. J’aime les citations qui en parlent : « All you need is love ! », « sara perche ti amo», « j’étais si bien près de toi que j’ai froid près des autres », « dans un couple on veut ne faire qu’un, oui, mais lequel ? » etc. J’ai rêvé d’écrire un livre : « De l’amour, qu’il n’existe pas. ». Parodie de Descartes que je trouve amusante. Je pleure comme tout le monde en écoutant certaines chansons, à la fin du film lorsque les héros meurt, ou que je n’ai plus de popcorn.

L’amour pour moi est ce réseau d’écrits, de sons, d’images et autres ponts Mirabeau qui forment l’apparition faible d’une toile qui ressemble plus à un questionnaire de Proust qu’à une pensée réelle. L’amour n’a pas de visage, il n’y a pas de chair que je touche en y pensant, pas de souffle qui me ramène en son pays. Aucun rêve que je vivrais éveillée.

Je ne crois pas en l’amour à deux, il y aura toujours cette troisième personne, l’être aimant, celui qu’on préfère à l’homme qui est en face de nous, parce qu’il nous fait nous percevoir à travers ses yeux. Jamais l’autre en tant que tel ne sera atteint, il sera toujours le prétexte à soi, toujours objet. Il sera toujours le regard qui caresse, la personne qui désire, le son rieur qui rassure, Je l’aime parce qu’il m’aime et jamais au-delà de cet amour.

« Je veux tout, tout de suite, ou sinon mourir ! » entend-t-on Antigone clamer. Je ne ressens jamais cette urgence dans les relations qui durent, aucune fièvre dans ces affections.

Pourtant ce mythe doit bien prendre corps quelque part, chez ces autres personnes qui ne se montrent pas et qui se chuchotent « Je t’aime » derrière une fenêtre embuée, dans ce chez eux qu’ils ont réussi à construire, malgré l’autre et pour l’autre définitivement, sans concession au miroir.

Dans ces mots qu’eux seuls doivent connaître, ils disent surement « Je » en parlant à deux, ne plus dire Amour, avoir trouvé sa langue, le signe et le monde, cachés dans une intimité qui n’a nul besoin d’être mise en scène pour exister.

lundi 22 mars 2010

[Time after Time] Cyndi Lauper

C'est compliqué de faire le deuil d'une amitié. C'est dur de dissocier ce qui a pu être beau, de ce qui était vrai et de ce qui reste désormais comme gâché. La carte de ton âme. C'est compliqué de ne plus errer dans les rues de ce pays communs, inventés avec ses règles et ses interdits et qui du jour au lendemain disparaît. Compliqué parce que cet univers refait surface autour, par petites touches, juste assez pour qu'on se rappelle qu'il a existé à un moment, qu'à une époque ce pays était une douce contrée avant de devenir ce no man's land où plus personne n'habite.
Au café brun la chanteuse a chanté time after time, ça arrive tout le temps et on a beau croire que c'est le destin c'est peut-être juste nous qui percevons d'une oreille plus attentive ces petits signes parce qu'il ne pourra plus en exister d'autres.
JD a dit avec beaucoup de pertinence que pour moi l'amitié était fusionnelle, qu'elle ne pouvait exister que comme ça, soit ça soit rien. Je me dis tout le temps que je serais prête à tout sacrifier pour eux, je ne sais pas si c'est vrai mais j'aime le penser et c'est dur de se rendre compte qu'une personne qu'on considérait comme son ami est prête à vous sacrifier pour n'importe quoi.
Et on pensait que quoi qu'il arrive on savait qu'on était de ses amis qu'on pourrait appeler, même après des années, elle n'aura même pas tenu deux saisons.

C'est compliqué de se rappeler un soir au détour d'une chanson que vous avez réellement été ami et de se croiser à peine le lendemain, de faire comme s'il n'était qu'une vague connaissance, parce que c'est ce qu'il est aujourd'hui, ça fait un pincement au coeur et puis on passe à autre chose, c'est aussi ça qui est compliqué, se dire qu'on a plus besoin de cette personne qu'on pensait pourtant indispensable à la tenue de son monde, comme elle, n'a plus besoin de nous.
Alors parce que bite, même si tout ça est loin derrière.

jeudi 11 mars 2010

-La familia- Mirah

L'autre, les autres, moi au final. Je ne vis qu'à travers leurs regards. Je ne vis que par l'autre, par sa pupille, je me sens appréciée, comprise, soutenue, désirée, je suis heureuse, il me rejette, mon monde s'écroule. Le schéma est constamment le même, de moi qui me donne à voir à l'autre, qui montre tout sans restriction, la bulle que je ne fais qu'étendre et qui ne cesse d'exploser. J'en reviens au même point, je ne vis que parce qu'il me voit et comme il me voit, je n'ai pas de consistance et l'autre, ces autres constamment me repoussent, et quand je pense aimer l'autre c'est l'image que j'ai de moi que j'apprécie, ce sentiment de cohésion de l'être, où je ne suis plus en question, où je suis prise telle que je suis, pour ce que je suis, et je choisis l'oeil, celui qui est difficile, regardant, celui qui ne veut pas et qui résiste, pour qu'il ne me résiste pas, pour qu'à travers lui j'ai ce sentiment d'en valoir la peine, mais il décide que non et il confirme que non. Et plus ils font et plus je me dis que c'est moi et je tente contre vents et marée de rester leurs amis et plus je fais d'efforts et moins ils reviennent. Ces gens spéciaux que j'ai choisi de faire rentrer dans ma vie et qui ont préférer me sortir de la leur. Et je ne devrais plus faire d'effort, parce que j'en vaux la peine et qu'elle a raison, parce qu'ils n'en ont jamais valu la peine tous, parce que je ne suis pas parfaite et que parfois je me trompe, que je fais mal, excessive sans aucun doute mais que j'essaie sans arrêt de les aimer pour de vrais et surement je me rate mais au moins je ne cesse de tenter. Et ils se sont tous dit, vous vous êtes tous dit à un moment ou un autre que je n'en valais pas la peine, vous m'avez tous pendant quelques temps railler de votre vie. Et c'est la seule à qui j'ai fait du mal justement pour satisfaire ce besoin de reconnaissance de l'autre et elle est là aujourd'hui et je me sens tellement plus une merde parce que c'est elle qui est géniale, follement magique, crinièrement extraordinaire et j'ai juste envie de m'enterrer de lui avoir fait subir ça. Someroink et tout le reste.
Et ma mère, ma mère je l'aime et je ne saurais jamais le dire.