mercredi 7 décembre 2011

[a long time ago] Mayer Hawthorne


"no man is an island entire of itself [...] every man's death diminishes me/because I am involved in mankind"écrit John Donne. Plus encore qu'il n'est pas une île, chaque être humain est un Etat fédéral, chaque homme est un pouvoir central autour duquel s'agrègent des entités fédérées. Chaque disparition d'un homme laisse ses Länder flottants, crée une désunion profonde, effrite le lien originel des personnes entre elles. Chaque mort humaine est un Etat qui disparaît. Il disparaît avec toute sa procédure, tous ses rituels, tout son signifiant, son destin commun il l'emporte avec lui, il fait disparaître un pan du vivre ensemble. Son drapeau flotte sans faire signe, il laisse la trace de cette fête nationale qu'on ne célèbre plus, de cette hymne qu'on n'entonne plus. Il laisse les anciens états fédérées à la recherche d'un lien, d'un bund, qu'il est difficile de reconstruire. Comment fait-on pour s'aimer entre nous lorsque l'être que l'on aimait en commun n'est plus?

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Je lis en ce moment Autoportrait en vert de Marie Ndiaye, elle définit la jeunesse ainsi : "la croyance en l'infinité de possibilités, l'illusion qu'on peut toujours et toujours se refaire, que toute trace dure un peu puis finit par disparaître"


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