vendredi 30 mai 2008

[Terrible Angels] Cocorosie


"Alors ce ravalement de l’homme à la bête, contre lequel fulminaient les Pères de l’Eglise, devient ici le défi des bêtes à la “poignance des choses”, à une mélancolie dont je peux vous donner la couleur en vous copiant ces lignes de Samura Koichi : Qui a dit que le temps vient à bout de toutes les blessures ? Il vaudrait mieux dire que le temps vient à bout de tout, sauf des blessures. Avec le temps, la plaie de la séparation perd ses bord réels. Avec le temps, le corps désiré ne sera bientôt plus, et si le corps désirant a déjà cessé d’être pour l’autre, ce qui demeure, c’est une plaie sans corps.» Chris Marker

Le temps ne vient pas à bout des blessures. Le temps passe et les jours s'enchaînent, l'évidence qu'elle ne reviendra pas s'impose.
Elle n'est plus, je ne m'habitue pas à la douleur, pas au manque. Le manque s'élargit, les illusions s'effacent, elle n'est pas en voyage.
Ce n'est pas un manque partiel, il manque son être-dans-le-monde,il me manque sa totalité dans laquelle je pouvais me réfugier, ce sans quoi visiblement il m'est de plus en plus dur de respirer sans avoir l'impression d'étouffer.
A l'instar de lorsqu'il fait trop chaud ou trop froid et qu'aucun de ces climats n'est adapté à votre métabolisme,
sans Camille, ma vie n'est pas adaptée à la vie.
Et je peux être heureuse, mais ce n'est pas le bonheur, rire mais ça n'a plus de rapport à la joie.
Je me contente d'être là et de tenter d'en faire quelque chose.
Le temps ne vient pas à bout des blessures.
Avec le temps les souvenirs s'en vont, les petits, ceux qu'on pensaient
ne pas oublier, ceux qui étaient tellement part de la vie qu'ils y semblaient gravés, pas seulement les odeurs, mais les bruits, les fragments de cris, le rire, la façon de marcher ou de fumer-maniére qu'elle avait d'être là- ces souvenirs s'échappent tel une deuxième mort.


Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.
Que les avions qui hurlent au dehors

Dessinent ces trois mots Il Est Mort,
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort.
Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye

Démonter la lune et le soleil
Vider l'océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

W.H. Auden


voir 4 mariages et un enterrement.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
Mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
A la Gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va tout seule

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va

Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus.

Léo Ferré


Bientôt un triste anniversaire à fêter... Bientôt un an.

Elle est en toi. Elle t'aime toujours.

Biensûr, il y aura encore des jours plus gris que d'autres mais mais tu finiras par retrouver ta capacité à voir "la vie en rose".

Courage ! Si je peux faire quoi que se soit, n'hésite pas.

Tu n'es pas seule à contempler l'absence...

Anonyme a dit…

je vois la vie en droz...

Anonyme a dit…

Merci